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Le PADM en 6 questions!

1) Qu’est-­‐ce que le PADM ?

Le PADM est un portefeuille de projets cohérents, qui présentent des synergies entre eux et qui répondent à une même logique : transformer en profondeur notre modèle économique et social. Le PADM est donc un outil de transformation de la Martinique permettant de passer d’une Martinique fragile, qui repose sur les transferts, les subventions et les inégalités, à une Martinique solide et solidaire, capable de faire face aux défis posés par les mutations économiques et sociales à l’œuvre (mondialisation, accélérations technologiques, fragilisation des systèmes de solidarité traditionnels, hypermobilité des biens, des hommes et des capitaux etc.). En résumé, nous proposons de concentrer nos efforts et nos investissements de long terme sur quelques projets capables d’enclencher de nouvelles dynamiques économiques et sociales.

Il s’agit à la fois de projets internes à la Région ou externes qui existent déjà, qui sont en cours d’élaboration, ou qui seront générés dans le cadre des ateliers ou de l’appel à projets que nous organiserons. Nous allons donc nous engager dans une démarche d’identification des projets existants portés par l’ensemble des acteurs du territoire martiniquais, et de prospection des actions pouvant engendrer des transformations structurelles.
Pour être retenus, ces projets doivent respecter 3 critères : être structurants, être innovants et être créateurs d’emplois.

 

2) Qu’est qu’un projet structurant ?

Si les critères d’innovation et de création d’emplois sont relativement clairs pour la plupart d’entre nous, le caractère «structurant » d’un projet nécessite quelques explications. Nous entendons par
« projet structurant » une initiative qui permet d’enclencher des changements majeurs dans un domaine considéré. Toute action permettant de produire ou d’organiser la production, de vendre, de consommer ou tout simplement de vivre autrement peut être considérée comme une action structurante si elle est généralisable ou est à même d’avoir un impact suffisamment profond pour toucher un nombre d’acteurs significatif. Par exemple, des méthodes de production agricole permettant de cultiver des denrées en milieu urbain, des dispositifs de télétravail adaptés aux réalités martiniquaises, des espaces de mutualisation des moyens de production… sont autant d’axes qui modifient notre manière de fonctionner et qui peuvent donc permettre l’émergence de projets structurants. Plus généralement, il s’agit d’initiatives qui ont un impact majeur sur l’organisation économique et sociale d’un secteur ou d’un domaine considéré.
Un projet structurant n’est donc pas forcément un projet de grande envergure en termes financier, humain ou technologique. Le PADM n’est par conséquent pas exclusivement tourné vers les grands projets d’infrastructure, sur lesquels ont longtemps reposés les programmes de développement. Il s’intéresse aussi à des petits projets et à des expérimentations qui, de par leur caractère généralisable et leur impact potentiel, sont à même d’engendrer des changements en termes de pratiques.

3) Pourquoi transformer la Martinique ?

Avant de nous lancer dans la démarche d’identification et de prospection des projets éligibles dans le cadre du PADM, nous avons voulu établir un état des lieux de la situation en Martinique pour identifier ce dont le pays avait besoin. Nous avons donc réalisé un diagnostic territorial, qui a vocation à décrire le contexte économique et social martiniquais au travers d’un regard d’experts, et une enquête des besoins auprès de la population, afin de recueillir les impressions et les aspirations des citoyens. Les deux travaux font ressortir le même constat : la Martinique est à bout de souffle et doit se transformer en profondeur et vite.
De nombreux phénomènes, directement liés à notre modèle de développement, nous sont devenus inacceptables : le taux de chômage (notamment des jeunes) incroyablement élevé ; le départ de nos forces vives vers d’autres destinations ; le développement des inégalités ; la vie chère ; les tensions sociales… mettent à mal notre aptitude à vivre ensemble et à s’épanouir de manière individuelle et collective. Il est donc illusoire de croire que ces situations inacceptables découlent de la crise économique conjoncturelle actuelle ; nous devons réaliser collectivement qu’elles proviennent d’une crise de notre modèle de croissance amené à péricliter si nous n’en changeons pas rapidement. Ce dernier s’est en effet développé au travers d’un système de transferts et de soutien public qui ne pourra pas perdurer du fait de la raréfaction des fonds publics.
Il convient donc de transformer notre système en profondeur. Nous sommes convaincus que cette transformation doit passer par l’action et donc s’appuyer sur des projets plutôt que sur des politiques publiques ordinaires comme cela a longtemps été le cas.

4) Le PADM, encore un nouveau plan de développement de la Martinique ?

Le PADM n’est pas un nouveau plan qui s’ajoute et se substitue aux précédents. Il s’agit d’un dispositif qui aura identifié, dans les différents documents stratégiques et opérationnels produits jusqu’à présent, les projets structurants éligibles. Il les mettra en cohérence, veillera à leur mise en œuvre et les complétera avec de nouveaux projets. Par ailleurs, il veillera à ne pas reproduire les erreurs des plans précédents.
D’abord en accordant davantage d’attention à la mise en œuvre. Les questions d’opérationnalité sont apparues comme subsidiaires dans les précédents documents, ce qui explique la faible mise en œuvre de ces programmes malgré la qualité intrinsèque des mesures prônées dans le SMDE, l’Agenda 21… Le PADM se présentera comme un ensemble de fiche projets opérationnelles en prévoyant le financement, le portage, le mode de contractualisation et l’évaluation des projets. Nous pensons que ces questions sont au moins aussi importantes que la valeur intrinsèque des politiques.
Ensuite en veillant à ce que ce plan soit en phase avec ce qui se fait dans les autres institutions. Les précédentes démarches n’ont pas réussi à créer un horizon partagé et une vision commune à l’ensemble des acteurs du territoire malgré une démarche participative. Le PADM entend remédier à cela par deux biais : il va se présenter comme un cœur d’actions à fort potentiel de transformation de la Martinique (quelques dizaines) contractualisées avec l’ensemble des acteurs martiniquais qui interviennent sur le territoire. Le PADM n’est pas un document interne Région, le PADM doit être un portefeuille d’actions sur lequel l’ensemble des acteurs se sont entendus et qui va générer des transformations structurelles.
Enfin, contrairement aux plans précédents qui se concentraient sur les besoins, le PADM se focalise sur les atouts de la Martinique. Nous pensons que le développement consiste à l’amplification de ces atouts. La PADM propose de se concentrer sur quelques leviers susceptibles d’enclencher des changements majeurs en partant du postulat qu’il y a une multiplicité des trajectoires de développement qui doivent s’appuyer sur les atouts.

5) Pourquoi faut-­‐il que le PADM soit partagé ?

La Martinique est caractérisée par une profusion de projets portés par divers acteurs sans qu’il existe des synergies et une réelle cohérence entre eux. Cette organisation n’est ni efficace ni soutenable dans un contexte de réduction des dépenses publiques. Le PADM ambitionne donc de créer un horizon partagé en sélectionnant et générant quelques projets qui participent d’une dynamique commune. Comme il s’agit de choisir parmi de nombreux projets, il convient de dégager un consensus pour permettre l’émergence d’une vision commune. Ainsi, les socio-­‐professionnels comme les citoyens sont amenés, au travers des ateliers prospectifs, des auditions, des forums numériques et citoyens, à s’exprimer dans le cadre de l’élaboration du PADM pour procéder à la sélection de ces projets. Ils seront aussi associés dans la mise en œuvre via la contractualisation avec la Région. Par ailleurs, de nombreuses échéances en 2013 obligent la Région à effectuer ce travail de mise en cohérence des projets sur le territoire et de sélection : l’élaboration des programmes opérationnels européens pour la période 2014-­‐2020, le chantier de la collectivité unique, l’établissement potentiel d’un contrat territorial etc.

6) Quel est le calendrier de l’opération ?

Après avoir réalisé un diagnostic territorial et une enquête des besoins, nous entrons dans une phase de consultation qui s’organise autour de 3 axes. Premièrement, l’identification des projets structurants existants va prendre la forme de consultations écrites et d’auditions des corps constitués, qui auront lieu de mi-­‐juillet à mi-­‐octobre, ainsi que d’un appel à projet, qui sera lancé à la mi-­‐septembre. Deuxièmement, la démarche prospective s’appuie sur l’organisation, depuis la mi-­‐ juin, d’ateliers prospectifs regroupant des socio-­‐professionnels, et sur la venue de grands visiteurs qui donneront des conférences dès septembre. Il s’agit de se projeter à l’horizon 2020 voire 2026 pour se caler sur les programmes opérationnels européens. Troisièmement, nous ferons appel à l’expertise citoyenne avec l’organisation de forums, dès septembre, au cours desquels nous viendront présenter aux Martiniquais les pistes d’action dégagées dans le cadre de nos ateliers prospectifs afin qu’ils en débattent et les priorisent.

Les thématiques et ateliers du PADM

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